lundi 11 février 2019

Blog 15: Salvador Dalí | Métamorphose de Narcisse

Biographie

Salvador Domingo Felipe Jacinto Dalí i Domènech, ou Salvador Dalí, était un surréaliste Catalan qui a fait des peintures, films, sculptures, photos, et même le logo de Chupa Chups. Il était très imaginatif, grandiose, excentrique et doué, connu pour son attitude hautaine, sa moustache unique et son ocelot domestiqué. Il habitait principalement en Espagne (soutenant le dictateur Franco), mais aussi aux États-Unis (pendant la Deuxième Guerre mondiale) et en France. Enfin, il a souffert la dépression et est mort en 1989.

Courant Artistique

Salvador Dalí est connu pour le surréalisme, un courant moderne qui expresse la combinaison des forces physiques ainsi que l'esprit inconscient et le rêve en façon dehors de la raison, les valeurs en commun et les préoccupations esthétiques ou morales. Cela crée une « réalité supérieure » en juxtaposant les objets et les idées normalement jamais associés. Ce courant était influencé par des recherches de Sigmund Freud (l'esprit inconscient), de la philosophie de Karl Marx et les poèmes d'Arthur Rimbaud, inspirant un genre d'art dans beaucoup de disciplines : beaux-arts, musique, littérature, etc.

Les surréalistes ont utilisé notamment deux techniques opposées d'expression : l'écriture automatique et la méthode paranoïaque-critique. L'écriture automatique profite de l'esprit inconscient comme une source de créativité en exprimant une idée ou un rêve sans l'interruption du sens logique ou morale. Par contre, la méthode paranoïaque-critique, que Dalí a utilisé dans cet œuvre au-dessous, est basée sur l'interprétation critique des idées délirantes qui suit un objectif explicite en pensant activement. L'utilisation d'images doubles apparaît fréquemment avec cette méthode d'expression.

Oeuvres importants

Les autres oeuvres importantes de Dali y comprennent : Paysage aux papillons, Galatée aux sphères, L'Apothéose d'Homère, Santiago El Grande, L’Énigme sans fin, Rêve causé par le vol d'une abeille, Construction molle, Apparition d'un visage et compotier sur une plage, La persistance de la mémoire, Le navire, Explosion de l'horloge, La tentation de Saint Antoine, Le sommeil, etc.

Analyse et interprétation



Cet œuvre, intitulé Métamorphose de Narcisse, a été réalisé par Salvador Dalí en 1937. Cette toile figurative est une huile sur toile qui appartient au courant surréaliste conçue selon la « méthode paranoïaque-critique », illustrée par la double-image du corps. Cette peinture représente Narcisse, en printemps, qui devient une statue de marbre après être tombé amoureux de sa réflexion dans l’eau. Elle est accompagnée par un poème que Dalí a écrit au-dessous, qui fournit des indices de l'interprétation. 

« Sous la déchirure du nuage noir qui s'éloigne la balance invisible du printemps oscille dans le ciel neuf d'Avril. Sur la plus haute montagne, le dieu de la neige, sa tête éblouissante penchée sur l'espace vertigineux des reflets, se met à fondre de désir dans les cataractes verticales du dégel s'anéantissant bruyamment parmi les cris excrémentiels des minéraux ou entre les silences des mousses, vers le miroir lointain de lac, dans lequel, les voiles de l'hiver disparus, il vient de découvrir l'éclair fulgurant de son image exacte. On dirait qu'avec la perte de sa divinité le haut plateau tout entier se vide, descend et s'écroule parmi la solitude et le silence inguérissable des oxydes de fer pendant que son poids mort soulève tout entier, grouillant et apothéotique, le plateau de la plaine où percent déjà vers le ciel les jets d'eau artésiens de l'herbe et que montent, droites, tendres et dures, les innombrables lances florales des armées assourdissantes de la germination des narcisses. »

Cette partie décrit avec éclat la tombe du « dieu de la neige », ou l'hiver, tandis que le début de printemps arrive, qui crée un plateau « des oxydes de fer » à la gauche de l'arrière-plan avec les couleurs rouges, oranges et bruns qui signifient la chaleur - arrive de printemps, la douceur - celle de Narcisse pendant qu'elle se voit la réflexion, donc révélant son innocence malgré sa condition, la nature qui représente la nature humaine quant à l'amour-propre, le destin de Narcisse.

Nous voyons aussi une autre montagne au droit, qui est peut-être sa double-image de la méthode paranoïaque-critique, avec un double de la main avec l’œuf (que j'expliquerai), tout au-dessous de « la déchirure du nuage noir ». Donc, cette montagne est peut-être aussi « la plus haute montagne » de laquelle « le dieu de la neige » se voit la réflexion dans le même lac de la face avant. Dalí veut dire que le narcissisme est même plus puissant qu'un dieu, qui (littéralement) tombe amoureux de sa réflexion, mais même le plateau résultant ne peut pas bloquer la lumière du ravin qui représente la vérité, la révélation.


Les contrastes entre la douceur du plateau et la façon que les couleurs se créent (quand le dieu les « soulève tout entier, grouillant et apothéotique »), ainsi que les couleurs froides et gris de la montagne, sont vraiment intéressants. Cela souligne le contraste entre lui-même et sa réflexion, entre la réalité et l'image de soi, entre l'humilité et l'arrogance.

« Déjà, le groupe hétérosexuel, dans les fameuses poses de l'expectation préliminaire, pèse consciencieusement le cataclysme libidineux, imminent, éclosion carnivore de leurs latents atavismes morphologiques. Dans le groupe hétérosexuel, dans cette date douce de l'année (mais sans excès chérie ni douce), il y a l'Hindou âpre, huilé, sucré comme une datte d'Août, le Catalan au dos sérieux et bien planté dans une côte-pente, une Pentecôte de chair dans le cerveau, le Germain blond et carnassier, les brumes brunes des mathématiques dans les fossettes de ses genoux nuageux, il y a l'Anglaise, la Russe, la Suédoise, l'Américaine et la grande Andalouse ténébreuse, robuste de glandes et olivâtre d'angoisse. »

Au centre de la peinture, « un groupe hétérosexuel » se tient debout, les hommes et femmes nus qui représentent le sexe pendant « cette date douce », ou la date de la maternité : le repoussage, la renaissance, la résurrection associé au printemps. La diversité d'ethnicités, d'émotions et de descriptions symbolise le monde entier. Le fait que ces personnes « pèsent consciencieusement » réfléchit l'esprit conscient face à un « cataclysme » inconscient.

« Loin du groupe hétérosexuel, les ombres de l'après-midi avancée s'allongent dans le paysage et le froid envahit la nudité de l'adolescent attardé au bord de l'eau. Quand l'anatomie claire et divine de Narcisse se penche sur le miroir obscur du lac, quand son torse blanc plié en avant se fige, glacé, dans la courbe argentée et hypnotique de son désir, quand le temps passe sur l'horloge des fleurs du sable de sa propre chair, Narcisse s'anéantit dans le vertige cosmique au plus profond duquel chante la sirène froide et dionysiaque de sa propre image. Le corps de Narcisse se vide et se perd dans l'abîme de son reflet, comme le sablier que l'on ne retournera pas. »

Le corps devant le plateau est Narcisse qui se voit la réflexion, aussi illustré avec les couleurs chaudes. Dalí décrit sa chair comme le temps, du sable qui coule vers le bas. Mais quand « le froid envahit » cet adolescent, quand il se voit, il gèle, le temps gèle... Cela pose une coexistence entre le mouvement et la stagnation.

Il est intéressant que la lumière éclaire le devant entier du corps, comme si nous sommes la source de cette lumière, nos yeux étant la source de la vérité. Malgré tout, le corps retient sa douceur (comme la chair), sa chaleur, son innocence.

Avec ses cheveux, Narcisse - un homme selon le mythe grec - est dépeinte comme une femme, le fait que le narcissisme est présent depuis la mère, ou la création, d'humanité. De plus, le mélange de genres révèle un hermaphrodite, cette dualité réfléchissant la coexistence de l'esprit conscient et inconscient décrit comme le sexe.

« Narcisse, tu perds ton corps, emporté et confondu par le reflet millénaire de ta disparition, ton corps frappé de mort descend vers le précipice des topazes aux épaves jaunes de l'amour, ton corps blanc, englouti, suit la pente du torrent férocement minéral des pierreries noires aux parfums âcres, ton corps... jusqu'aux embouchures mates de nuit au bord desquelles étincelle déjà toute l'argenterie rouge des aubes aux veines brisées dans "les débarcadères du sang".  Narcisse, comprends-tu? La symétrie, hypnose divine de la géométrie de l'esprit, comble déjà ta tête de ce sommeil inguérissable, végétal, atavique et lent qui dessèche la cervelle dans la substance parcheminée du noyau de ta proche métamorphose. La semence de ta tête vient de tomber dans l'eau. L'homme retourne au végétal par le sommeil lourd de la fatigue et les dieux par l'hypnose transparente de leurs passions. Narcisse, tu es si immobile que l'on croirait que tu dors. S'il s'agissait d'Hercule rugueux et brun, on dirait : il dort comme un tronc dans la posture d'un chêne herculéen. Mais toi, Narcisse, formé de timides éclosions parfumées d'adolescence transparente, tu dors comme une fleur d'eau. Voilà que le grand mystère approche, que la grande métamorphose va avoir lieu. »

En comparant Narcisse avant et après la transformation, nous voyons un contraste de la rouge au gris, de la lumière à l'ombre, de la chair à la pierre, soulignant la sévérité de sa punition. Mais cette métamorphose est l'inverse de celle de la montagne à l'arrière-plan, du gris au rouge, une différence qui suggère que le narcissisme n'est ni bon ni mal. Finalement, il est intéressant que Dalí illustre cette transformation en utilisant la méthode paranoïaque-critique : un moment de temps illustré comme deux, l'arrête de temps avec la coule du sable, un corps opaque tandis qu'il doit devenir « invisible », répétant le thème d'esprit conscient et inconscient, la dualité, la contraste anormale.

« Narcisse, dans son immobilité, absorbé par son reflet avec la lenteur digestive des plantes carnivores, devient invisible. Il ne reste de lui que l'ovale hallucinant de blancheur de sa tête, sa tête de nouveau plus tendre, sa tête, chrysalide d'arrière-pensées biologique, sa tête soutenue au bout des doigts de l'eau, au bout des doigts de la main insensée, de la main terrible, de la main coprophagique, de la main mortelle de son propre reflet. Quand cette tête se fendra, quand cette tête se craquèlera, quand cette tête éclatera, ce sera la fleur, le nouveau Narcisse, Gala - mon narcisse. »

Finalement, Narcisse devient une main qui tient un œuf craquelé avec une fleur, une image qui combine les deux mythes différents où il devient putréfié ou deux œufs de Narcisse. À côté de la main, une bête mange de la chair qui symbolise la mort. L'infestation de fourmis sur la main montre l'impuissance de cette statue ; néanmoins, une belle fleure pousse de l’œuf - comme une semence, une création, le début -, parallèle à la saison de printemps, le groupe hétérosexuel. Donc, le narcissisme ne meurt jamais.

Conclusions

Je pense que ce style d'art est vraiment intéressant mais difficile à comprendre, particulièrement les idées abstraites de l'esprit inconscient ou l'hypnotisme qui rendent le symbolisme d'œuvre obscure. Cependant, je respecte Dalí après avoir examiné et analysé ses peintures, et je pense qu'il était un vrai génie qui a contribué beaucoup au monde artistique.

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